Ismail Bahri | Ce qui advient (“Instruments” au Jeu de Paume)

Ismail Bahri nous laisse voir ce qui advient.

Retour sur son exposition “Instruments”. C’était au Jeu de Paume et c’était beau.

Petit texte à lire ici :
https://parallaxee.wordpress.com/2017/10/04/ismail-bahri-les-instruments

Advertisements

Pour le pire et le meilleur, le destin de l’Europe lié à l’essor du “localisme”

Petite réflexion sur la crise catalane, suite au référendum du 2 Octobre 2017 :

Au-delà des considérations propres à l’histoire de l’Espagne (Franquisme et répression de la culture catalane, autonomies, relations budgétaires entre Madrid et les autonomies), je voudrais revenir sur cette aspiration à l’indépendance. Cette volonté me paraît traduire le pire et le meilleur d’une perplexité politique actuelle, exprimant une réaction, dans la continuité des votes eurosceptiques à l’Est de l’Europe, du Brexit, voire dans un contexte élargi, des autres réactions nationalistes dans le monde, mais aussi, et c’est là mon propos, des initiatives locales visant à refonder un rapport aux ressources communes et aux nouvelles formes de participation au politique (collaboration, parité, écologie, économie d’énergie, développement durable, démocratie directe etc.).

“Penser global, agir local”, voilà la ritournelle du monde actuel financièrement globalisé et géopolitiquement multipolaire. Une ritournelle qui est souvent un luxe. “Penser global” exige une configuration économique et sociale qui n’est pas partagée par tous les humains, loin de là… Reste le “agir local” qui est un réflexe sain, un instinct politique évident pour tout le monde. La traduction de ce “localisme” d’une nouvelle ère, s’exprime sous des formes parfois clairement réactionnaires (nationalismes), parfois progressistes (biens communs), souvent maladroites et hybrides dans une perplexité et une hésitation flagrante. La situation en Catalogne en témoigne, où la population a élu à Barcelone une maire (Ada Colau) déterminée à travailler pour le bien commun, et une présidence de la Generalitat déterminée à exploiter le sentiment nationaliste et à pousser dans ses derniers retranchements un gouvernement espagnol amorphe, aux réflexes archaïques.

Le “localisme” est une tentative de réponse au dérèglement du monde tel que nous l’avons connu après-guerre. Il est une réponse aux échecs des états-nations dans l’exercice de leurs missions de puissance publique. Il est une réponse aux injustices économiques provoquées par la financiarisation à outrance de l’économie. Il est un recours symbolique au bouleversement du sentiment d’appartenance à un collectif. Il me semble que l’Europe, cruellement absente du débat catalan jusqu’ici (à défaut d’ingérence, elle pourrait être de bon conseil), peut apporter un regard constructif sur la multiplication des échelles politiques et l’émergence des régions, voire des communes. Si elle ne devient pas le lieu de la conciliation territoriale et politique, on peut craindre une féodalisation insidieuse des sociétés européennes et une dislocation de certains regroupements politiques du continent. Le nationalisme pouvait être digéré, incorporé à une vision plus ouverte de nos sociétés européennes. L’Union Européenne n’a pas encore réussi à porter ce projet jusqu’au bout. Est-ce trop tard pour le défendre ? Le fédéralisme régional est-il encore une solution possible ?
Peut-on encore rêver d’un localisme émancipateur, qui reprendrait, sans idéologie nationaliste ou internationaliste, l’effort d’une vision globale pour le vivant, et pas seulement les humains, sur cette planète ?

 

 

 

Le temps des métamorphoses | Conférence de Baptiste Morizot au Musée de la Chasse et de la Nature

Notes prises à la suite de la conférence de Baptiste Morizot au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, le jeudi 7 septembre 2017.

Le temps est venu de faire le point sur la situation de l’humanité. La plupart des intellectuels français et internationaux semblent d’accord sur ce point à en juger par la série de publications de ces dernières années. Du “Que faire ? ” de Jean-Luc Nancy au “Où en sommes-nous” d’Emmanuel Todd, sans parler de la multitude de pamphlets politiques et autres gourous improvisés du marketing pseudo-philosophique, le constat s’impose : tout est remis en question.

Les plus grandes institutions en charge de la diffusion du savoir, dans un mouvement contradictoire d’auto-défense et de recherche de leadership, procèdent à un aggiornamento de leurs rôles politiques et philosophiques : comment parler de ce qui change, comment dire et expliquer ce qui est en train de changer, ou plus angoissant, d’être bouleversé ?

Les institutions métamorphosées ?

Pressées par une urgence démultipliée issue des constats scientifiques (changement climatique, démographie, accès aux ressources élémentaires, sixième extinction des espèces, etc.), de l’accélération artificielle des échanges et des communications (Internet) et une instabilité politique chronique, les institutions cherchent leur position dans une société de plus en plus mouvante et incertaine.

Les Universités luttent dans un milieu à forte concurrence, les grandes écoles consolident leur avance et leurs réseaux et d’autres lieux tentent l’hybridation. Haut lieu d’expérimentation intellectuelle, le Collège de France s’est totalement ouvert à la diffusion numérique et à l’organisation d’événements résolument inclusifs, souvent victimes de leur succès in-situ. Sciences-Po, autre acteur majeur de cette transformation des institutions, continue de produire des cadres tout en misant sur l’élargissement de son champ d’action et d’investigation.

Le SPEAP (Programme d’expérimentations en Arts et Politique) fait partie de cette nouvelle dimension expérimentale de l’institution, qui participe du renouveau plus global de la notion de laboratoire, et d’une transdisciplinarité plus ou moins assumée. Tout son mérite est de vouloir articuler deux champs d’actions qui animent le paysage social selon des modes opératoires très différents.

Une des plus récentes propositions du programme dirigé par Bruno LaTour, concerne plutôt un “modus vivendi”, via une exposition au Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, nommée : “Animer le paysage”. Au mois de juin, Bruno Latour en personne était venu faire le point, ou plutôt un “powerpoint” sur la situation du paysage de l’humanité, et redéfinir rapidement nos rapports au territoire avant de conclure sur la nécessité de se réinvestir, physiquement, socialement et par conséquent philosophiquement, dans une nouvelle perception du territoire.

Des pistes pour animer le paysage

En ce début du mois de septembre, Bruno Latour a invité Baptiste Morizot pour lancer la saison SPEAP et clore l’exposition.  Pas de powerpoint cette fois-ci, mais des “pistes” de réflexions, soit l’expérience “chaotique” d’un philosophe parti à la rencontre d’animaux sauvages. Je rappelle ici que “Sur la piste des vivants” est le sous-titre de l’exposition.

Baptiste Morizot assume d’emblée la forme de son intervention, il ne fait pas le point, il pense en chemin… Et sur son chemin, il rencontre Nastassja Martin (auteure de “Les âmes sauvages. Face à l’occident, la résistance d’un peuple d’Alaska). C’est l’occasion pour lui d’aller pister les coywolfs, une nouvelle espèce, à la suite d’une hybridation récente entre loups et coyotes. Le rapport des animistes rencontrés par Nastassja Martin à ce type de nouvelles espèces, permet à Morizot de formuler une approche plus globale de notre rapport au vivant. Suivan  t sa piste pas à pas :

Les animistes considèrent les coywolfs comme appartenant aux “êtres de la métamorphoses”, soit des êtres qui ne font pas encore partie du monde tel qu’il le connaisse. Les animistes veulent à terme les inclure mais cela suppose une transition par ce temps métamorphique, qui est aussi défini comme un “temps du mythe.”

Baptiste Morizot n’oublie pas de reprendre les distinctions et oppositions entre l’observateur qu’il est, héritier de la “cosmologie naturaliste”, et la pensée animiste, soit les deux ontologies symétriques qu’il décrit.

Qui définit la relation naturelle ?

Pour le naturaliste, la relation naturelle est un rapport à une “nature” (voir aussi Philippe Descola pour comprendre combien ce concept est aujourd’hui à remettre en cause) objectivée, qui distingue d’une part les relations naturelles, comme étant de l’ordre de lois mécaniques, d’éléments quantifiables et d’une “répétabilité” (sic), et d’autre part les relations sociales définies par leur caractère historique, non quantitatif.

Pour l’animiste, une relation naturelle est justement une relation socialisée avec le monde (un animal peut être un membre de la famille, par exemple).

L’apparition de nouvelles espèces comme le coywolf, et l’étude de certains animaux confirme qu’il existe un comportement différent selon les groupes d’une même espèce, des meutes par exemple pour les loups et les coyotes. La génétique contredit elle aussi parfois la systématisation des naturalistes.

Au milieu de ces steppes conceptuelles, Morizot pose non un premier piège mais une première pierre en guise de balise : l’effort qu’il lui paraît nécessaire est celui d’accepter d’être “affecté” par la position et la pensée animiste.
– Le terme affect répond ici au développement des arguments de Bruno Latour sur le sujet du rapport au territoire évoqué en juin –

Du degré de métamorphisme supportable

Face aux métamorphoses du monde, le naturaliste peut-il échapper à sa perplexité ? Le naturaliste ne devrait-il pas accepter qu’il fait lui aussi partie d’un nouveau temps mythique que la modernité avait définitivement archivé et classé ?

Morizot s’amuse à définir ici un critère d’évaluation des possibilités de réponse à ces métamorphoses en adaptant le “degré de contradiction supportable” de Kant en “degré de métamorphisme supportable”…

L’animiste a la faculté de s’adapter car il est en relation avec le vivant. Une relation en tension mais inclusive. Une relation familiale parfois, “diplomatique”, qui permet de supporter certains changements.
Le naturalisme a posé les relations avec le vivant sous le régime du rapport de forces. Pour aller vite, dans sa version médiatique et dégradée : la loi du plus fort. L’impasse  de cette perception dominante mène à un autre constat pour Morizot : une vulnérabilité partagée, par le vivant et les humains.
La piste rejoint alors des pistes déjà connues : l’écologie politique notamment qu’il veut préciser en invoquant l’affect animiste : “il faudrait raconter ce monde changeant, dit-il en substance, comme si nos relations avec le vivant étaient sociales et politiques“.

Des pistes pour un nouvel espace politique ?

Le public évoque les récents efforts juridiques d’inscription d’éléments naturels dans des constitutions, ou leur donnant un statut de personne (rivière en Nouvelle-Zélande, côtes en Namibie etc.). Morizot cherche pourtant autre chose. Il s’enfouit à ce moment-là dans des pistes plus lointaines.

“Le statut est secondaire par rapport au relation que l’on entretient avec le vivant”, affirme-t-il en illustrant son propos avec un exemple (tribus voisines considérant le cerf comme un bien ou comme un membre de la communauté).
Ce que semble chercher Morizot est finalement un “espace politique” nouveau qui correspondrait à un nouveau “temps du mythe”…

La conférence s’achève à ce moment de sa réflexion, et je ne doute pas des bonnes intentions de cette piste fertile. Les termes employés pour évoquer cette ère des métamorphoses, le “temps du mythe” me fait cependant penser à d’autres métamorphoses et d’autres mythes très vivaces aujourd’hui, et qui semblent se développer parallèlement, tout à fait comme si on pouvait ignorer les préoccupations du pisteur Morizot. D’autres entités acceptent aujourd’hui de vivre une ère de la métamorphose, ce sont les tenants de la Singularité et du transhumanisme. Eux aussi constatent la perplexité et l’inertie de la science moderne, et envisage une “nature” modifiée par la technique, un humain optimisé par la technologie.

Le temps du mythe, mais quel mythe ?

Il faudrait alors se demander si l’objectivation du monde n’a pas seulement produit une indifférence à l’intégration du vivant et du non-vivant dans l’humain, mais aussi le mythe d’un dépassement de l’humain, qui impose son actualité.
Le temps du mythe qui était le temps circulaire du renouvellement est devenu un temps du dépassement. Le temps mythique de la relation naturelle, recomposée poétiquement par Ovide puis rationalisée par l’anthropologie sociale, est devenu le temps mythique de la médiation technologique, proposée par Blue Brain et développée par des firmes indépendantes.

Claude Levi-Strauss, dans sa leçon inaugurale au Collège de France, en 1960, explique que l’objectivation du monde, qui a produit l’asservissement de l’homme par l’homme, soit la réduction de l’homme au statut de machine au service de l’homme, pouvait offrir une solution à la confrontation entre les sociétés dites froides, qui se préservent de l’histoire autant que possible, et qui régulent leur relations naturelles avec le monde et le vivant, et les sociétés dites chaudes, qui sont soumises aux luttes pour la puissance. Cette solution, au vu des évolutions techniques et électroniques (dit-il déjà en 1960 !!) serait de les rapprocher en transformant la machine en homme !

Ainsi l’auteur de Tristes Tropiques, imagine une convergence entre ce que Baptiste Morizot appelle la relation naturelle, celle qui permet à l’animiste de vivre les métamorphoses, et relation médiatique, celle qui permet à l’humain moderne d’inventer une nouvelle relation au monde. Cette convergence idéale, curieusement idéale quand on se souvient de Tristes Tropiques, ne serait bien entendu réalisable que si la condition préalable était remplie : que l’humain s’envisage comme partie intégrante du vivant et du non-vivant.

News Parallaxes : ROLF JULIUS

A lire sur le site de la revue Point Contemporain ou sur mon blog Parallaxes, un petit texte sur ma visite de la Galerie Thomas Bernard samedi dernier, lors de l’ouverture de l’exposition “Music in a corner”, dédiée à l’artiste allemand Rolf Julius, connu pour son travail associé au sound art. Après ma visite, je confirme avec Thibaut de Ruyter, auteur d’un joli texte publié et accessible à la galerie, il s’agit d’autre chose que de sound art.

IMG_8989

Projet P|P AY : News

Le blog du projet Portrait|Paysage AY est mis à jour régulièrement sur le site : youarethelandscape.com

La première pièce de l’installation et la concrétisation du réseau sont en cours. Je rappelle ici que je recherche un éditeur pour le texte qui accompagne l’installation et un lieu pour l’exposition.

 

Sur la table | Septembre 2017

“Les Métamorphoses” d’Ovide
“Philosophie des réseaux” de Daniel Parrochia
“Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne”, de Florence de Méredieu
“Par-delà nature et culture” de Philippe Descola
Le pass du Palais de Tokyo, la carte des lieux de la Documenta 14 à Athènes,
L’agenda de Point Contemporain, de Slash-Paris et le dernier Art Press
Le podcast de la leçon inaugurale du Collège de France de Claude Lévi-Strauss
Les cours du CdF de Claudine Tiercelin
Le dernier album de Her (RIP)
Le film “Etrange dit l’ange” de Shalimar Preuss
Des figues sucrées et gorgées de soleil cueillies sur l’arbre
La vidéo de Rocio Berenguer “Homeostasis
Un carnet de dessin
L’Equipe
Les images de l’exposition de Kim Kototamalune chez Galerie Da-End
“Le système de la mode”  de Barthes et le travail d’Odonchimeg Davaadorj
L’article  de Victor Mazière sur l’exposition proposée par Léa Bismuth aux Tanneries
Nick Cave & the Bad Seeds / Into My Arms
Little Dragon & De la Soul, / Drawn

 

 

Le monde de demain / UP Conférence à Sceaux

“Je n’ai pas assisté à vos présentations, mais j’ai cru comprendre que vous aviez fait preuve d’optimisme“, Monsieur le maire de Sceaux Philippe Laurent, vient conclure ainsi une passionnante soirée organisée par le GROUPE SOS et UP Conférence dans une salle comble de l’Hôtel de ville ce mercredi 17 mai. On espère que “le monde de demain” sera fait par des optimistes car le monde d’aujourd’hui est à la peine. Sur les quatre invités de la soirée, au moins deux ont évoqué avoir vécu des “burn-out”. Sous-entendant le constat d’une société en difficulté et pour “construire un monde meilleur”, Cyril Dion (Co-fondateur du mouvement Colibris et réalisateur du film Demain), Anémone Berés (présidente de la fédération Envie) et Maxime de Rostolan (fondateur de Fermes d’Avenir) ont discuté des modes de vie et des pratiques économiques adaptés aux crises de nos sociétés.

Conseiller de l’économie sociale et solidaire de la ville, Othmane Kahoua a lancé simplement le débat en déclarant : “En s’appuyant des valeurs humanistes, nous pouvons contribuer au vivre ensemble par le faire ensemble“. Les interventions des trois invités ont ensuite illustré cette possibilité selon leur propre parcours. Cyril Dion raconte son cheminement – en passant donc par le burn-out – et souligné qu’un des objectifs de son film Demain, réalisé avec Mélanie Laurent, était de toucher le grand public. Dans la salle tout le monde ou presque a vu le film, c’est entendu et on en sourit. Cyril Dion souligne aussi que lors d’une présentation effectuée auprès de grands cadres de l’assurance : aucun ne connaissaient Pierre Rabhi. L’assemblée est donc supposée être déjà sensible à ces sujets et avertie. Anémone Béres avance un discours plus technique sur le fonctionnement et la nature de l’économie (ajoutons ici “réelle”) et la nécessité de passer d’une “économie de déchets” à une “économie de ressources“, reprenant ainsi la raison d’être de l’économie circulaire. Avant de faire un plaidoyer pour les entreprises de sa fédération Envie et la vie en entreprise tout court : “Beaucoup de gens sont heureux en entreprise quand ils aident d’autres personnes, quand il y a du lien entre les gens.”

On tourne autour des sujets présentés devant un acquiescement généralisé. La place n’est pas à la polémique ni à la contradiction, il s’agit plutôt d’accompagner un mouvement, voire de transmettre un espoir. Maxime de Rostolan présente son parcours rapidement avant de digresser plus vigoureusement. Le fondateur de Fermes d’avenir parle des avantages du biomimétisme, de la protection de la diversité naturelle, la rentabilité de l’agro-écologie mais aussi remet en question la nécessité de travailler, et mentionne les lobbyistes agissant auprès du parlement européen. On décrit la trajectoire de salariés démissionnaires, décidés à changer de vie, qui rejoignent les adeptes de la permaculture.  Le discours se radicalise tout en restant assez général pour ne pas déclencher de polémique dans la salle. Le public, visiblement assez sage, poursuivra un peu plus tard informellement la discussion. On entend quelques remarques qui dénotent : “Je n’aime pas que l’on m’impose la vérité !” ou “Le travail, c’est important quand même !“. Il apparaît plus globalement qu’il y a des contradictions encore difficiles à résoudre entre des enjeux locaux, de réinsertion, de réappropriation des outils économiques et politiques et les mécanismes macro-économiques qui les englobent. C’est aussi une remarque que l’on pouvait faire à la lecture du formidable ouvrage de Bénédicte Manier (malheureusement non mentionnée lors de la soirée), qui a inspiré le film Demain : comment articuler des initiatives citoyennes à une économie globalisée ? Comment pérenniser la transition écologique dans un cadre qui privilégie le libre-échange et le productivisme ? Il est facile d’imaginer que ce sera une question centrale lors des arbitrages du gouvernement d’Edouard Philippe s’il était confirmé dans cette configuration après les législatives.

Pour ma part, j’ai quitté Sceaux après avoir rencontré Nicolas Goudy, Président-Fondateur de Hacktiv.org, et décidé à tester la plateforme jemengage.paris.fr.
Les initiatives citoyennes ne manquent pas mais comment vont-elles se pérenniser ? En tant que chômeur/auto-entrepreneur, il faut avoir de l’optimisme pour imaginer que le bénévolat relancera le lien social et économique. Engageons-nous pour une société du faire et de la responsabilité en espérant que le mode marketing de l’innovation sociale ne masque pas la redéfinition du réel politique en cours.